Comprendre la Parole de Dieu
et nourrir sa foi

La Parole de Dieu demeure pour toujours. Elle a besoin d'être actualisée pour toucher chaque génération. L'homélie se veut être un cadre d'actualisation de la Parole de Dieu pour les hommes et femmes d'aujourd'hui. Plusieurs questions demeurent sans réponses pour la plupart des hommes et des femmes du XXIe siècle. A travers une  série de conférences et d'enseignement divers, des chrétiens essaient de partager leurs convictions, leurs expériences et permettent ainsi à d'autres de nourrir leur foi et de trouver réponses à leurs interrogations. 

Homélie du dimanche 20 novembre 2022
Solennité du Christ Roi de l'univers

« Dans la première Encyclique qu’au début de notre Pontificat nous adressions aux évêques du monde entier, nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous nos yeux, se débat, accablé, le genre humain. Or, nous proclamions ouvertement deux choses : l’une, que ce débordement de maux sur l’univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique : l’autre, que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur. C’est pourquoi, après avoir affirmé qu’il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, nous avons déclaré notre intention d’y travailler dans toute la mesure de nos forces ; par le règne du Christ, disions-nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur. »

Tel est le début de l’encyclique Quas primas du pape Pie XI, le 11 décembre 1925, instituant la fête du Christ-Roi.

Mais de quel roi s’agit-il ? Comment se présente son royaume ? Le Christ, le Messie que nous célébrons aujourd’hui, comme roi de l’univers a donné cette instruction à ses disciples : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. » Luc (22, 25-26)

Et c’est ce que l’évangile de ce jour tente de nous faire comprendre, en présentant une partie de la passion dans laquelle Jésus inverse totalement les perspectives.

En effet, lui « Le Messie de Dieu, l’Élu, le Roi » apparaît sans pouvoir et sans gloire : il est sur la croix où il semble être plus vaincu que victorieux : son trône c’est la croix ; sa couronne est d’épines, il n’a pas de sceptre mais un roseau lui est mis dans la main ; il ne porte pas d’habits somptueux mais il est privé de sa tunique ; il n’a pas d’anneaux étincelants aux doigts mais ses mains sont transpercées par les clous ; il n’a pas de trésor mais il est vendu pour trente pièces d’argent.

Car avec le Christ, le concept de royauté change de sens, et la croix devient une véritable prise de pouvoir. Elle l’est, parce qu’elle est victoire sur tout ce qui, dans l’humanité, va à la mort. Et c’est pour nous une lutte constante, quotidienne. Car comme saint Paul le dit aux Ephésiens : « Nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes. » (Ep 6,12).

Que sont pour nous ces Principautés et ces Dominations aujourd’hui ? Pensons à idées qui dominent notre monde aujourd’hui : plus on possède plus on est important ; rien ni personne ne compte au regard de la réussite ; « la fin justifie les moyens », etc. Le Christ prend le pouvoir en lui-même sur tous ces « démons » de puissance et de domination par le seul fait d’accepter d’être mis à mort injustement, « sans raison » (Jn 15,25). A la croix, Jésus s’élève au-dessus de tout ce qui provoque en nous la violence agressive ou défensive. De cette manière, notre Roi est allé jusqu’aux limites de l’univers pour embrasser et sauver tout être vivant.

Mais croire que Jésus est Roi de l’univers et centre de l’histoire ne sert à rien si nous ne le faisons pas devenir Seigneur de notre vie, si ne l’accueillons pas personnellement, lui et sa manière de régner. Les personnages de l’Évangile nous nous aident.

Le peuple : l’Évangile dit : « on venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à observer » (Lc 23,35). Personne ne dit un mot, personne ne s’approche. Face aux circonstances de la vie ou devant nos attentes non réalisées, nous pouvons nous aussi avoir la tentation de nous tenir à part plutôt que de nous approcher et nous faire proche. Rappelez-vous la parabole du bon Samaritain : « il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et […] prit soin de lui. » Nous sommes appelés à suivre sa voie royale d’amour concret ; à nous demander, chacun, tous les jours : « Que me demande l’amour, où me pousse-t-il ? Quelle réponse je donne à Jésus par ma vie ? »

Le groupe de tous ceux qui se moquent de Jésus. Ils lui adressent la même provocation : « Qu’il se sauve lui-même ! ». Qu’il descende de la croix et batte ses ennemis ! » S’il est Dieu, qu’il montre sa puissance et sa supériorité ! Mais Jésus ne change pas sa manière d’être, il ne parle pas, ne réagit pas. Il ne se défend pas, il ne cherche pas à convaincre de sa royauté. Il continue plutôt à aimer, il pardonne.

Pour accueillir le Christ-Roi, nous sommes appelés à fixer notre regard sur Jésus crucifié, pour lui devenir toujours davantage fidèles, plus confiants, nous fiant en lui

Le bon larron : Il le prie en disant : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara :« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Ah ! si pouvions avoir la mémoire de Dieu, qui n’enregistre pas le mal commis et ne tient pas pour toujours compte des torts subis ! Dieu n’a pas la mémoire du péché.  Il se souvient seulement de nous, de chacun de nous, ses enfants bien-aimés. Et il croit qu’il est toujours possible de recommencer, de re-susciter, de se relever.

Par le baptême, nous sommes configurés au Christ, prophète, prêtre et roi. Nous savons en quoi consiste sa royauté. Imitons Jésus, et revêtons de sa seigneurie, de son amour.

@Marcel NAC